Ca fait si longtemps que je suis là à t’attendre, je ne fais que ça. Pourquoi es-tu venu si tard? Pourquoi? Tu aimes me voir souffrir. Oh mon amour, pourquoi elle me ronge? J’ai une tache noire dans mon âme, elle veut ma perte. Aide moi, aide moi à la faire fuir. Mais non? Tu ne peux pas? C’est un combat trop intime pour toi, même pour moi. Mon corps se déchire en deux, et elle prend le dessus. Je ne veux pas! Non je refuse! Je ne veux pas mourir pour elle! Au secours je me noie. Au secours! Ca me brule, ca me bouffe, ca me démange, et j’agonise. Ca me détruit et me saigne. Tout est rouge, c’est ma douleur que je peigne. Apprends moi à cogner. Apprends moi! Butte moi, butte moi que la douleur physique l’emporte sur la morale. Frappe plus fort, plus fort, plus fort. Je veux saigner dehors comme dedans. Tu n’oses pas? Tu ne veux pas me sauver c’est ça? Aller frappe. Cogne, comme si tu voulais me tuer. N’utilise pas que tes mains, prends une pierre, une table, tout ton corps! Fais moi vibrer, fais moi frôler la mort. Je veux avoir peur! Bordel! Tue moi! Tue moi! Tu entends pas? C’est pas assez fort! Tiens! Tiens! Cogne! Cogne, comme je le fais! Tu comprends? Ecoute! Ecoute putain! Tu vois mon sang? Il est aussi rouge et pur que mon amour pour toi. Tu vois comme elle me rend folle? Tu vois? Aide moi.. Respire mon mal être et goûte le. Tente de comprendre comme j’ai soif de la mort, soif de la fin et de toi. C’est pour ça qu’elle me bouffe, elle, cette autre partie de moi, elle me bouffe parce que elle aussi elle veut te gouter. Elle me tue, elle me tue! Au secours.. Aide moi mon ange.. Aide moi.

Mon amour,
Je t’écris en ce soir de décembre, emmitouflée dans ma couverture. Je t’écris mon amour, je t’écris parce que je ne pense qu’à toi. Les flocons tombent et je les regarde. Le temps passe sans rien que je ne puisse y faire. Jeanne a grandi, elle est devenue si belle! Tu lui manques beaucoup. Et l’horloge continue de tourner, et à chaque fois que l’aiguille bouge, je meurs un peu plus, et je pense à toi plus encore. Je suis désolée de t’importuner. Je bois trop, mais il fait tellement froid ici, et sans tes bras seul l’alcool me réchauffe. Le bois ne crépite plus dans la cheminée depuis longtemps. Tu sais, ici les sourires se font rares et je ne m’habille que de noir en attendant le printemps. C’est joli le printemps hein? Toute cette nature qui renait, tout ce monde qui revit. Tout, sauf moi. Je me rapproche un peu plus ma tombe. Ton odeur me revient, lorsque je vais me coucher, le gout de ta peau, ton regard. Je revis tout ça, c’est la seule chose qui me maintient dans ce monde. Le souvenir de ta présence. L’assurance que je ne t’ai pas rêvé. Que tout cela était réel. Je ne te pleure pas mon amour, tu es bien mieux ou tu es. Mais c’est vrai que tu me manques.
Je pense que le paradis est mon seul échappatoire. Mon paradis c’était toi, mais tu n’es plus là. Peu m’importe si c’est l’enfer qui m’attend, il sera plus doux que ma douleur. Je suis lâche je sais, des gens - peu de personnes, mais quand même- me pleureront et seront malheureux pendant un temps a cause de moi, je sais. Mais je ne peux plus avancer sans toi, le fardeau de cette vie est trop lourd à porter. Je te déçois surement, mais je suis fragile. J’ai besoin de toi. Mais tu n’es plus là. C’est un adieu, ou du moins un aurevoir. Je ne sais ou envoyer cette lettre. Y’a-t-il une adresse là ou je m’apprete à te rejoindre? Que je la donne à Jeanne, histoire qu’elle nous écrive, une fois que je serais la bas, avec toi. J’espère que je vais te retrouver. Mon unique but étant d’être avec toi. J’arrive mon amour, je sens déjà l’effet des somnifères sur mon corps.
A tout de suite, je t’embrasse! Je t’aime!